Poursuite du ralentissement de la croissance du fret au 3ème trimestre

5 novembre 2019

Les tensions géopolitiques et le fléchissement généralisé de l’activité économique qui avaient déjà affecté la croissance du fret s’accentuent au 3ème trimestre, une tendance qui risque de se poursuivre en 2020.

Touché par une baisse de rythme significative, le commerce international n'a généré que des profits modestes dans le fret aérien et maritime au cours du troisième trimestre 2019, ce qui représente l'un des plus faibles niveaux de croissance depuis la crise financière mondiale de 2008. L'ensemble des tensions géopolitiques qui minent la confiance des entreprises et la transparence de la planification est encore apparemment loin de trouver une issue positive. Aussi, de nombreux observateurs ne s'attendent pas à un rebond significatif des échanges de marchandises d'ici 2020.

Au troisième trimestre, les volumes de transport aérien et maritime ont progressé d'environ 2,5 %, soit moins que pendant la majeure partie de la dernière décennie.  En comparant les niveaux de croissance aux mêmes mois de 2018, l'Association internationale du transport aérien (IATA) a annoncé que la demande de fret aérien en 2019 a chuté de 3,2 % en juillet et de 3,9 % en août.  Pendant ce temps, sur les routes maritimes, les transporteurs ont retiré 150 000 EVP de capacité pour le seul mois d'août afin de compenser le fléchissement de la demande qui a exercé une pression à la baisse sur les tarifs.

« Le mois de juillet, marquant habituellement la haute saison, n'a pas eu un fort retentissement, les échanges sont restés faibles en août, et le mois de septembre est toujours stable par rapport au quatrième trimestre traditionnellement plus fort », explique Anne-Sophie Fribourg, Directrice des achats de fret maritime pour Bolloré Logistics à Paris.  « Cette année, nous nous demandons si la Semaine d'or de la Chine en octobre et les fêtes de fin d'année autour du globe pourront apporter leur essor habituel alors que les entreprises du monde entier se montrent attentistes en espérant des éclaircissements. »

Les causes de doute et d'incertitude sont nombreuses.  Le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine, les risques de droits de douane supplémentaires entre l'Europe et l'Amérique du Nord, les bouleversements dans les négociations du Brexit et les événements dramatiques au Moyen-Orient ont pesé encore plus sur la planification des activités au troisième trimestre qu'au cours des deux précédents.  Les incertitudes qui en ont résulté et qui ont assombri la visibilité à moyen terme ont conduit les entreprises à mettre un frein à leurs activités d'approvisionnement, de production et d'exportation.

Auparavant déjà, le ralentissement du secteur manufacturier et du commerce mondial avait conduit le Fonds monétaire international à revoir à la baisse ses perspectives de PIB mondial pour 2019 de 3,5 % à 3,3 %. En octobre, l'Organisation mondiale du commerce a réduit ses prévisions initiales de 2019 pour le commerce mondial de 2,6 % à 1,2 %, et a révisé ses prévisions pour 2020 de 3 % à 2,7 %. Selon certains observateurs, une reprise modeste dépendra probablement de l'élimination des principaux facteurs de doutes actuels, le conflit entre les États-Unis et la Chine étant en tête de liste.

D'ici là, de nombreuses entreprises semblent prêtes à fonctionner avec une capacité d'exportation limitée jusqu'à ce qu'elles se sentent rassurées, estimant que réinvestir dans une production renforcée est devenu moins risqué.

« Hormis les produits de luxe, dont les marchés restent stables malgré l'évolution des facteurs mondiaux, la quasi-totalité des exportateurs attendent des signes de transparence et de fiabilité avant de s'engager à nouveau dans de nouvelles activités », précise Claude Picciotto, Directeur des achats de fret aérien pour Bolloré Logistics à Paris. « L'atmosphère d'inquiétude et de doute dans laquelle nous nous trouvons tend à s'auto-entretenir, il est donc difficile de savoir exactement comment et quand la confiance sera restaurée. »

La bonne nouvelle dans cette situation, souligne-t-il, c'est que les entreprises qui maintiennent ou augmentent leurs volumes d'exportation trouvent une grande capacité disponible à des tarifs réduits. « Mais les économies limitées que cela apporte ne sont que maigre consolation », ajoute M. Picciotto. « Tout le monde préférerait des coûts de fret plus élevés dans un scénario d'affaires globalement en plein essor, générant davantage d'activité et de revenus. »

Les exportateurs de fret maritime sont confrontés à d'autres questions découlant des règles de l'OMI qui imposent aux transporteurs de réduire leurs émissions de soufre en 2020. Mme Fribourg indique que les compagnies maritimes n'ont pas encore élaboré de barèmes tarifaires transparents déterminant dans quelle mesure leurs lourds investissements dans des moteurs et des carburants moins polluants seront répercutés aux clients.  Par conséquent, les clients affûtent leurs arguments, selon lesquels les nouveaux coûts imposés aux transporteurs n'affecteront pas de manière démesurée les tarifs, qui doivent refléter les équilibres traditionnels entre l'offre et la demande.

Toutefois, malgré le ralentissement général des exportations, Mme Fribourg indique que les volumes relativement élevés dans les régions Asie-Europe, Europe-Amérique du Nord, Asie-Afrique et dans les échanges internes montrent que les exportateurs peuvent encore trouver des marchés et des opportunités s'ils sont prêts à s'adapter à l'évolution de la situation.

« Identifier et développer les échanges qui ne sont pas touchés par le ralentissement généralisé est un bon moyen de sortir de l'accalmie tout en créant de nouvelles perspectives d'affaires une fois que l'activité mondiale reprendra », indique Mme Fribourg.  « La croissance mondiale s'est peut-être contractée ces derniers temps, mais des horizons positifs demeurent. »

Chiffres clefs
  • 20%

    Le Boeing 787 et l'Airbus A350 sont plus économes en carburant

  • 70%

    de la population mondiale urbanisée en 2050

  • 27

    mégapoles contre 19 attendues d'ici à 2050, avec au moins 10 millions de personn...

  • +18,4%

    croissance pour le E-commerce en Europe en 2015

  • 82%

    des marchandises sont transportées par route

  • 1 milliard

    Population en Afrique

  • 60%

    de la population de l'Afrique sera urbanisée d'ici 2050

  • 7,5%

    de croissance du PIB indien en 2014

  • 4,9%

    de croissance du PIB Africain en 2016

  • 6,1%

    la plus forte croissance au monde du PIB en Asie de l'Est

  • 19 224 teus

    transportés par le MSC Oscar, le plus grand porte-conteneurs dans le monde

  • 396 m

    est la taille du navire MSC Oscar

  • 120 h

    est le record de vol non-stop fait par Solar Impulse

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    de croissance en 2015 pour la demande mondiale de fret aérien

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